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la flûte de pan

Le 3 février 2017, 20:02 dans Humeurs 7

  Pan est un Dieu de la mytologie grec et un jour il eut un amour déçu..Au pied des montagnes froides d’Arcadie, parmi les nymphes des forêts, la plus célèbre s’appelait Syrinx. Satyres et Dieux qui hantaient les bois sombres la pourchassaient, la fatiguaient de leurs assiduités. Mais elle leur échappait toujours, car elle s’était consacrée à Diane, la déesse vierge, qu’elle imitait dans sa tenue, dans son port, dans ses allures, au point que l’on aurait pu les confondre, si l’arc de corne de Syrinx avait été fait d’or comme celui de Diane. Elle leur échappait toujours, elle courait plus vite qu’eux. Un jour qu’elle revint du mont Lycée, le Dieu Pan l’aperçoit et entreprend, lui aussi, de la séduire. Elle, cependant, dédaigna ses avances et prit la fuite à travers champs. Poursuivie par le dieu, elle courut ainsi à perdre haleine jusqu’aux bords sablonneux du paisible fleuve Ladon. Les eaux arrêtèrent soudain son élan. Déjà Pan la croyait livrée à sa merci... Elle pria alors ses sœurs du fleuve de la métamorphoser. Le dieu se précipita et, désappointé, n’enlaça que les roseaux du marais. Il soupira de douleur et l’air qu’il expira, traversant les longues tiges, produit une sourde plainte. Séduit par cette mélodie nouvelle qui sied si bien à son humeur devenue morose, il se radoucit et murmura à l’adresse de la nymphe : « Pour moi, ces plantes resteront le moyen de te parler toujours ». Il coupa alors des roseaux d’inégale longueur. Avec de la cire, il les colla les uns aux autres. Ainsi naquit entre ses mains la flûte de Pan. La flûte que l’on appelle aussi du beau nom de celle pour qui Pan jouera toujours des airs désespérés. Syrinx.

douce nuit à toutes

mimi

 

l'histoire vraie de Fritz l'éléphant de TOURS

Le 30 janvier 2017, 19:38 dans Humeurs 8

   

 

   un beau soleil avait pris la place de la pluie et Laura espérait son apparition mensuelle. Son gentil fantôme. Il lui avait promis d’apparaître. Mais ses promesses, il ne les tenait pas toujours. Quand les cloches de la Gatienne sonnèrent la demie de seize heures, Laura comprit que son fantôme n’apparaitra plus dans le square. À chaque rendez-vous manqué, Laura repartait avec un ongle cassé. Le stress de l’attente l’exténuait toujours. La patience étant la plus grande des prières, Laura se promit de l’adopter et de ne plus s’angoisser à attendre son fantôme.

-   Encore une rencontre de manquée, se dit-elle !

      Que faire quand le soleil, lui, tient ses promesses de briller entre seize et dix-sept heures ? 

      La demie de seize heures avait sonné depuis plus de dix minutes, lorsqu’elle prit la décision de se promener dans le jardin des beaux-arts. Elle passa devant Michel Colombe, toujours juché sur son socle, sillonna l’allée, traversa la petite place François Sicard et pénétra le jardin. Laura se tortilla les chevilles deux ou trois fois sur les pavés de la cour. pavés peu confortables pour les visiteurs, mais si beaux!!, puis elle fit une halte près de la vitrine où l’éléphant Fritz repose sur ses quatre pattes, l’œil vif, les défenses baguées comme une Start asiatique.

- Où vas-tu ainsi, la petite blonde ? Entendit barrir Laura près d’elle.

- Elle regarda le pachyderme, frappée de stupeur. Il lui demandait bel et bien où  elle allait.

-  Tiens, te réveillerais-tu, l’éléphant célèbre aux défenses brodées d’or?

-  Je ne dors jamais Laura. Je te vois passer très souvent près de moi, seule ou en charmante compagnie.

-   C’est vrai Fritz, je passe souvent devant toi, et ce tous les mois.

-    Serais-tu seule, aujourd’hui ?

-   Oui, je suis seule. Le fantôme ne m’a pas fait l’honneur de son apparition.

-   Et tu t’ennuies, n’est-ce pas ? Alors tu viens voir le vieux Fritz.

-  le vieux Fritz ? Le vieux Fritz ? Mais, mon pauvre ami, je ne connais même pas ton âge.

-   Je suis plus vieux que toi.

Laura se mit à rire :

-         Non, sans blague ?

-         Je suis né en Asie dans les années 1870.

-       Tu as donc 147 ans ! l’âge qu’aurait mon grand-père. Tu n’es pas si vieux après tout.

-       Ton compliment me touche droit au cœur, Laura.

-   Tu es beaucoup plus jeune que ton voisin, le cèdre, qui lui fut planté ici en 1804. Comment es-tu arrivé dans ta cage de verre, ici, à Tours ?

-       C’est une longue histoire, Laura, je vais de la conter. Assis- toi près de moi.

-       Je suis tout ouïe, Fritz.

-      J’appartenais à la compagnie de cirque Ringling Bros et Barnum & Bailey. En mai 1902  mon cirque faisait une tournée en France, à Bordeaux. Un homme me prodiguait des soins.

-       Quels soins  te prodiguait-il, Fritz?

-      Il graissait mes pieds, coupait mes défenses et mes ongles. Tout cela ne devait pas me plaire, ou peut-être que mon soigneur m’avait fait mal, alors je l'ai tué sur le coup, ce mois même ! je l’ ai envoyé en l’air comme un fétu de paille.

-         Assassin ! cria Laura.

-      Ne dis pas ça Laura, je le regrette assez. Cela me coûta cher. Puis, énervé, je ne pouvais contrôler  ma force face à un petit homme. Tu sais que je pesais sept tonnes cinquante, seule ma peau avait cinq centimètres d’épaisseur. Ma hauteur était de deux mètres quarante au garrot et mes défenses un mètre cinquante. Comment voulais-tu qu’un homme puisse avoir le dessus sur moi ? les soigneurs ne sont pas toujours tendres avec les éléphants de cirque, crois-moi.

-      Ah oui, en effet, tu n’étais pas la moitié d’un éléphant. Et  tu t’es peut-être défendu d’une injustice ou une douleur. Que t’a-t-on fait, alors ?

-      Le directeur du cirque m’a alors enchainé à deux autres éléphants. Et les 10 et 11 juin 1902, je suis arrivé à Tours avec mon cirque

-       tu es arrivé comment ?

-      sNous étions tous dans un train et plus de soixante-cinq wagons, en provenance de Châtellerault.

-      Étais-tu content d’être à Tours ?

-      Oui Laura, Tours une belle ville, quand on n’est pas la risée de toute une population qui vient au cirque. La parade passait par la rue Léon Boyer, le boulevard Béranger pour en théorie terminer à la gare de Tours.   Connais-tu tous ces lieux, Laura ?

-      Oui, j’y passe souvent. Vous deviez être nombreux, dans le cirque, pour occuper tant de wagons.

-      Oui,  Laura, il y avait de nombreux animaux et humains. Trois troupeaux d’éléphants, deux troupes de chameaux, quatre cents chevaux et plus de deux mille hommes.

-       Et puis toi, Fritz, la  grande star.

-    C’était le soir du onze juin 1902. Comme j’étais nerveux, le directeur du cirque ordonna que l’on m’attache à quatre autres éléphants, par sécurité. En arrivant place Nicolas Frumeau, j’ai brisé mes chaînes et arraché des arbres. J’étais devenu très dangereux.

-      Pourquoi Fritz ? C’est beau, une parade. Tout le monde devait t’applaudir.

 

 

-      Tu ne peux comprendre Laura, ma place n’était pas là, à distraire les tourangeaux. Je souffrais du manque de ma famille. Les adultes et des enfants me regardaient comme une bête curieuse. C’est insupportable.

-      Je te comprends, Fritz.

-      Il y avait beaucoup de monde ce soir-là dans la ville de Tours. Les enfants, les parents, tout le monde était heureux de voir passer le convoi. Mais, me voyant devenir hystérique et très dangereux pour la population, le directeur du cirque décida de me supprimer à tout jamais.

-         Oh mon pauvre ! tu as dû avoir la frayeur de ta vie ?

-      Oui, Laura, ce n’était une mince affaire, que de m’attraper, le personnel du cirque eut beaucoup de difficultés à s’approcher de moi. On s’en la mort arriver…

-      Comment ont-ils fait ?

-      Ils me passèrent des cordes et des chaînes autour de mon cou pour m’étouffer.

-      Quelle horreur mon pauvre Fritz, tu me donnes des frissons sur tout le corps.

-      Mon agonie dura plusieurs heures, face aux Tourangeaux témoins de mon assassinat.

-      Et personne ne t’est venu en aide ?

-      J’étais devenu trop dangereux, Laura, j’aurais pu dévaster toute la ville et tuer des gens. Ma force était herculéenne. Les forces de l’ordre se déplacèrent pour moi. Elles ont fait un périmètre tout autour de la place Nicolas Frumeau. Par sécurité.

-      Elle devait se faire toute petite la police…mais pourquoi cette soudaine hystérie ? Cela n’avait plus rien à voir avec ton soigneur, à Bordeaux, celui à qui tu as montré la piste aux  étoiles en l’envoyant en l’air.

-      Non, Laura, mais un imbécile, place Nicolas Frumeau, me brula la trompe avec son cigare et voulait me le faire avaler. Mais cela, peu de Tourangeaux le virent de leurs yeux.  Alors on dit que c’est peut-être une légende… mais moi cela me mit dans un état de forte agressivité.

-      J’imagine bien, mon Fritz.  En plus de la parade, comme si tu étais une bête de cirque, toi le roi de l’Asie, tu devais fulminer !

 

-      Devant l’horreur de mon agonie, les Tourangeaux se trouvèrent très embarrassés. Alors le directeur décida de m’offrir à la ville de Tours.

-      Mais qu’ont-ils fait de toi, les tourangeaux ?

-      Ils m’envoyèrent à Nantes, chez des naturalistes, MM Sautot & fil, ils m’ont naturalisé et  momifié.

-      Quand es-tu revenu sur Tours ?

-       Je suis revenu un peu plus tard, après la momification.

-      Mais comment t’ont-ils ramené grand Dieu, vu tes sept tonnes cinq ?

-    Je suis arrivé par bateau. Un bateau à vapeur de Loire, le Fram, le quatre mai 1903. Je fus exposé dans un premier temps au musé de Tours, puis ensuite dans les anciennes écuries du musée des beaux-arts.

-      C’est ici, fritz, les écuries, et tu es protégé par ta cage de verre.

-      Oui, Laura, et mon squelette, lui, fut exposé au musée d’histoire naturelle de Tours avant d’être brûlé pendant la Seconde Guerre mondiale.

-      En tous cas Fritz, je te trouve en très bon état.

-      Ce ne fut pas toujours le cas, Laura, je fus restauré en 1976-1977 par le taxidermiste de la Ville aux Dames, Monsieur Bernard Boisselier. Il me donna un sacré second souffle.

-      Et maintenant tu es ici, pour le plaisir des yeux des adultes, des petits enfants et de moi. Et l’on parle de toi dans les journaux Tourangeaux ! tu es le plus célèbres des éléphants d’Asie.

-      C’est vrai, je remarque que beaucoup de monde vient me saluer tous les jours.

-      Je te remercie de m’avoir conté ta vie qui, ma foi, se termina bien tristement, mais tu es la vedette du jardin des beaux-arts et ce n’est pas donné à tout le monde. Tu peux en être fier.

-      Merci de ta visite Laura, et n’oublie pas de venir me saluer lorsque ton fantôme oubliera d’honorer votre rendez-vous.

-      Je te le promets, Fritz. A bientôt.

     Laura sortit du jardin des beaux-arts, sans même prendre  le temps d’aller saluer le faune et sa panthère.

 

Le soleil commençait à se coucher sur la Touraine.

      Elle partit en pensant à fritz, plus fidèle que son fantôme.

**

petit extrait sur les 104 pages déjà écrites

je prends un plaisir fou à faire parler, les arbres, les statues, fritz l'éléphant, les oiseaux et les personnes insolites du square

bonne nuit

mimi

 

 

 

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LES CARNETS D'UN CINÉPHILE.

Le 27 janvier 2017, 19:08 dans Humeurs 5

VOICI UN NOUVEL AUTEUR QUI A FAIT CONFIANCE AUX EDITIONS DE LA MORELLE

TONY JAGU 

 

DANS LE JOURNAL DE CE MATIN

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Dans son second volet de l'histoire du cinéma, Tony Jagu, auteur de plusieurs livres et cinéphile depuis sa plus tendre enfance, retrace la production cinématographique du Front populaire et ses drapeaux rouges jusqu'à la Libération de Paris. Il évoque, notamment, les chefs-d'œuvre de Jean Renoir avant l'occupation allemande.

 

En 1940, avec la collaboration s'ouvrait l'âge d'or du cinéma français car durant la guerre on produisit plus de 220 films, dont à peine une trentaine de longs métrages sortis par la Continental, société de production créée par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven. Dans ce livre, Tony Jagu s'intéresse aux parcours des actrices et acteurs, intellectuels et écrivains qui ont travaillé malgré la censure de Vichy et la propagande nazie.

Ne fallait-il pas collaborer, même passivement pour continuer à tourner un film ? Tony Jagu précise : « Pour écrire cet ouvrage je me suis imprégné de cette époque sombre drapée d'imaginaire et je dresse la liste des films marquants à voir ou à revoir. La filmographie entraîne les lecteurs sur les plages du débarquement en Algérie puis en Normandie, en traitant du nazisme dans le cinéma allemand et de la propagande du cinéma américain, de l'épuration, du mythe de la résistance ».

Passionné par le septième art, Tony Jagu, spectateur attentif et critique averti, a participé à de nombreux festivals. Il ajoute : « Mon ambition pour la Touraine serait de créer un festival avec des films populaires, comme on savait en faire dans les années 1970-1980 afin d'attirer les jeunes et moins jeunes vers le cinéma. »

 

« Les carnets d'un cinéphile », du Front populaire à la Libération. Éditions de La Morelle, 212 pages. Prix : 18 euros.

J'ai mis ce livre en pages, donc je l'ai lu!

super intéressant pour les amateurs de cinéma ancien nouveau

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